jeudi 11 février 2010

loppsi elle est arrivée mais le web ne l'a pas attendue...

Les députés ont adopté, ce jeudi, le filtrage des sites pédopornographiques et le délit d'usurpation d'identité en ligne, qui étaient le volet consacré à la lutte contre la cybercriminalité du projet de loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2). Durant deux jours, droite et gauche se sont affrontés sur ce sujet, la gauche suspectant le gouvernement de vouloir contrôler internet.
Le principe du filtrage
Au travers d'enquêtes ou sur signalements d'internautes, les services de police possèdent une liste noire de sites. Cette liste est communiquée aux Fournisseurs d'accès qui sont censés empêcher l'accès à ces sites à leurs abonnés.
On parle de filtrage car il est possible de ne bloquer qu'une photo d'une page web. Problème, cette technique reste contournable par l'internaute en passant par des serveurs mandataires hébergés à l'étranger.
Pour Christophe Espern, du site la Quadrature du Net, qui a rédigé une étude très complète au sujet du filtrage, cette technique a une efficacité limitée : elle représente un risque de renforcement des techniques utilisées par les pédophiles. Selon les spécialistes, elle constitue surtout un risque d'élargissement de cette techique au réseau tout entier. Selon le site Bug Brother, les pédophiles n'ont donc rien à craindre, les internautes si ! C'est ce qui a suscité un si vif débat à l'Assemblée ce matin.
Contrôle d'internet
Martine Billard (Parti de gauche) a ainsi lancé au gouvernement: « comme pour Hadopi, ce débat a la même philosophie, vous avez le fantasme du contrôle d'internet ! On est en train d'introduire un délit de nature politique. On pourra poursuivre n'importe quel humoriste, n'importe quel militant politique qui s'attaquera à des propos tenus par un personnage politique en utilisant la photo ou la vidéo de la personne ».
« Nous ne voulons pas sanctionner la simple citation d'une personne sur un blog par exemple, mais bien le fait de se faire passer pour autrui en faisant usage de son nom ou de données qui le rendent identifiable », a répliqué Eric Ciotti, le rapporteur UMP du texte.
Refus de rendre ce dispositif expérimental
Par ailleurs, durant l'examen de la Loppsi, selon la Quadrature du Net, le gouvernement s'est opposé à tous les amendements visant à minimiser les risques de dérives dans la mise en œuvre de la censure du Net. « Le refus de rendre ce dispositif expérimental et temporaire montre que l'exécutif se moque de sa prétendue efficacité pour lutter contre la pédopornographie ainsi que de ses conséquences néfastes. Il s'agit donc bel et bien de permettre au gouvernement de contrôler Internet, la porte étant désormais ouverte à l'élargissement du dispositif. »

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ben

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